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Solaire à Peyrelevade: une satisfaction en demi teinte Commentaires sur l'installation solaire pour l'eau chaude sanitaire du Centre de l'ACEL à PEYRELEVADE par Patrick Bousquet de Rouvex
Lo direm n°36-37
Solaire thermique une installation solaire pour l'eau chaude sanitaire du Centre de l'ACEL à PEYRELEVADE ADEME Limousin
Les toilettes sèches Pourquoi les utiliser?
Les différents concepts
Quelques pistes
Lo direm n°25-26

 

Les toilettes sèches

Sources: Lo direm n°25-26
Pourquoi les utiliser ?

L’usage d’une chasse d’eau correspond à environ 30 % de la quantité d’eau utilisée par personne, soit 30 à 70 litres d’eau potable utilisée pour entraîner nos déchets, soit environ 1 milliard de m3 d’eau potable par an en France !
Contrairement aux idées largement admises, le secteur domestique pèse donc lourdement sur l’environnement hydrique, que l’assainissement se fasse par station d’épuration ou par épuration individuelle, avec au bout du compte une production de nitrates, de phosphates et des boues d’épuration dont on ne sait pas quoi faire. La raison essentielle du mauvais rendement de nos systèmes d’épuration vient du fait qu’on tente d’assainir “un mélange toutes eaux”, c’est à dire une eau azotée provenant de nos déjections, avec une eau carbonée provenant des savons.
Nos déjections ainsi traitées sont des déchets organiques soustraient au cycle de formation de l’humus. Cette matière organique ne participe donc plus au maintien de la fertilité des terres et petit à petit nous nous acheminons vers la désertification.
Lorsque nos déjections ne sont pas mélangées aux eaux savonneuses, ces dernières sont facilement épurables et peuvent être valorisées pour l’irrigation du jardin ou les nettoyages extérieurs.
La collecte et l’épuration en station d’épuration engendrent des dépenses considérables qui doivent être assumées par le contribuable

Il existe plusieurs concepts de toilettes sèches. Elles ont en commun de fonctionner sans eau, comme leur nom l’indique.

La toilette sèche à litière biomaîtrisée:

C’est une simple caisse qui peut-être placée n’importe où et dont l’aspect esthétique est un problème de menuiserie. Elle contient à l’intérieur un seau et est percée d’une ouverture sur la planche supérieure sur laquelle on fixe un battant de WC classique.
Le principe est de réunir les conditions optimales pour le recyclage intégral de la matière fécale et de l’urine afin d’en faire de l’humus. Cela revient en fait à réajuster le rapport carbonne/azote autour de 60 en rajoutant une matière riche en carbone végétal : sciure, copeaux, feuilles mortes, paille, cartons déchiquetés….Lorsque le seau d’une vingtaine de litre est plein, il convient d’aller le vider sur le tas de compost du jardin (une à plusieurs fois par semaine selon le nombre d’usagers). Il n’y a, à l’usage, aucune odeur désagréable, dès que l’on rajoute la matière carbonée aux déjections.

La toilette sèche à compostage interne:

Elle est constituée d’un réservoir situé sous la toilette et munie d’une cheminée de ventilation. Là encore, l’ajout de matériaux carbonés est nécessaire et le déversement sur le tas de compost se fait aux bout de plusieurs mois. Le souci majeur de l’utilisateur de ce type de toilette et d’éviter de s’occuper de ses déjections. Malheureusement, il est impossible de reconstituer dans une cuve, même ventilée, les conditions aérobies nécessaires à un bon compostage, et l’on soustrait une partie de l’azote au processus de formation de l’humus, en libérant une pollution par ammoniac.

La toilette sèche électrique :

C’est une toilette munie d’un ventilateur et d’une résistance électrique dont le but est d’évaporer l’eau contenue dans les fèces, afin de réduire la masse et le volume des déchets et ainsi d’en espacer les manutentions.
Malheureusement, l’humidité contenue dans l’urine est nécessaire pour assurer un bon démarrage des processus de transformation et il faudra humidifier le tas de compost lorsque l’on viendra déverser les déjections sèches. L’usage de l’énergie électrique pour évaporer l’humidité des fèces qu’il faudra plus tard humidifier de nouveau est donc une aberration écologique.

En conclusion 
"LE TOUT A L’EGOUT = LE TOUT A LA POUBELLE "
n’est pas compatible avec une perspective de développement durable. La seule toilette sèche acceptable de ce point de vue est la toilette à litière biomaîtrisée. A défaut de toilette sèche, on peut envisager un traitement des effluents par plantes macrophytes.

Quelques pistes
Ouvrages :

Fournisseurs :

* revue des 4 saisons, N°38, 84, 99 et 123 respectivement de mai/jui 86, janv/fév 94, juil/août 96 et juil/août 00 TERRE VIVANTE, Domaine de Raud, 38710 MENS, tél :04.76.34.80.80

* Water sans eau : alternative du tout à l’égout - Béatrice Trelaün - éd Alternatives

* Gestion de l’eau et des matières organiques dans l’habitat - Pierre Lehmann - Office central fédéral des imprimés et du matériel, 3000 Berne, Suisse.

* Pluvalor & Traiselect, introduction à la gestion écologique de l’eau dans la maison - Joseph Orszagh, Vignerons et Partenaires 67190 Dinsheim

* Vignerons et Partenaires, 67190 Dinsheim pour toilettes à litières

* MV Habitation 24170 Siorac en Périgord pour toilettes à litières

* Ateliers Olivier, 7321 Blaton Belgique pour toilettes à litières

* Eco-Sud, 65000 Tarbes, pour toilettes électriques

* Atelier Reeb, 67000 Strasbourg, pour traitement des eaux sur lits plantés de macrophytes

 

Solaire à Peyrelevade : 
Une satisfaction en demi-teinte.

Le 21 novembre était inaugurée, en présence de M. Jean-Pierre Dupont, Président de l’A.C.E.L. (Association des Centres Educatifs du Limousin), l’installation de production d’eau chaude sanitaire à apports solaires (=« solaire thermique ») de l’Institut Médico-Educatif et de la Maison d’Accueil Spécialisée de Peyrelevade en Haute-Corrèze. Mme Caplat, représentant le Président du Conseil Régional, s’est félicitée de cette installation qui permet d’économiser des énergies fossiles et qui est une alternative au nucléaire « qui comporte des risques importants ». Cette installation co-financée par l’ADEME à hauteur de plus de 50%, la Région (près de 30%) et la société Dalkia de Feytiat (offre commerciale de15%) a été réalisée par la société Clarissou de Bort-les-Orgues et comprend 126 m2 de capteurs au sol alimentant un échangeur et des ballons situés dans le local technique de la chaufferie ; il est prévu qu’elle fournira 35 % des besoins en eau chaude sanitaire des usagers du Centre, et ce pour un coût de 95000 €.

L'installation en chiffres
126 m²de capteurs
8000 litres de stockage
besoins annuels 234000 kwh
Apports solaires annuels 82700 kwh (35%)
Energie substituée: fioul domestique

Montant total de l'opération95 630 euros HT

Aide ADEME:   49 942 euros

Aide Conseil régional:   27 261 euros

Offre commerciale Dalkia12 958 euros

Montant total des aides    90 161 euros

Autofinancement     7 263 euros

Economie annuelle: 3 810 euros HT         38,6 tonnes de CO² évités

Cela semble être, à première vue, une particulièrement bonne utilisation des fonds publics, mais voyons ça de plus près :

Une pompe à chaleur avait d’abord été installée il y a une quinzaine d’années, en remplacement d’une chaudière fioul hors d’age ; puis celle-ci, à son tour frappée par la même sentence, il fut décidé de la remplacer par une installation solaire ; jusqu’ici, tout est logique, et, compte tenu des progrès réalisés dans la fabrication des capteurs et de la fiabilité de ces systèmes et de leur bonne tenue dans le temps, l’option était la meilleure.

C’est le bureau d’études TECSOL de Perpignan qui a été chargé de préconiser les paramètres d’installation des capteurs. Ceux-ci ont été installés en mai de cette année et la mise en service a pu avoir lieu fin juillet, ce qui a permis de constater que l’eau arrivait cet été à la température maxi de 58 ° et cet automne à celle de 30 ° en moyenne environ. Un bilan en juillet prochain pourra permettre de dire si les 35 % annoncés sont respectés ou dépassés. Une « Garantie de résultats solaires » engage le groupement d’entreprises installatrices à hauteur de 90% des prévisions.

Le système est donc couplé avec une unité de réchauffement secondaire pour obtenir les 62° réglementaires pour mettre l’eau hors du risque de légionellose. Après les capteurs, l’échangeur et la première batterie de 2 ballons de 4000 litres chacun, une seconde batterie de 3 ballons de 3000 litres chacun tire, selon la demande, l’eau de moins de 60° des premiers ballons et la fait réchauffer par les chaudières fioul qui servent par ailleurs, complétées par l’électricité en cas de besoin, à la chaufferie du Centre. L’ensemble fonctionne donc en « Tri-Energie ». Ainsi, on peut se féliciter des économies réalisées par rapport à une installation tout fuel (ou tout électrique – n’en parlons même pas). L’économie estimée est de 4560 € TTC (seulement ?).

Est-ce parce que les panneaux ne couvrent que 126 m2 ? N’est-ce pas insuffisant pour les 8000 litres d’eau ? De plus, ne sont-ils pas mal orientés (sud-sud/ouest au lieu de sud) et mal inclinés (30° du sol au lieu de 45° minimum : une bizarrerie) ? Ce parc est donc insuffisant pour chauffer l’eau à 62° en été ; alors qu’une « bonne » installation devrait être autonome les trois mois d’été au moins pour éviter de mettre en marche les chaudières fioul, qui fonctionnent, pendant toute une saison sans chauffage, en « sous-régime », ce qui les use prématurément et est une erreur énergivore… Il eut mieux valu alors installer une petite chaudière fioul autonome pour réchauffer l’eau à part en été, mais surtout mieux gérer les panneaux, en les orientant à 50° du sol par exemple pour mieux capter le soleil du sud-ouest s’il était impossible, comme l’affirme le technicien M. Jacquemot, de les orienter au sud par manque de place ! (La place manque-t-elle à ce point dans le Centre??)

On peut donc regretter (jamais contents, ces écologistes, ma parole !) que pour des raisons techniques toutes bêtes et des économies de bouts de ficelles - pour quelques centaines d’euros et quelques m2 de plus, on avait une « bonne » installation ! - des détails en somme, une telle installation dont les pouvoirs publics s’enorgueillissent donne en fait à l’observateur sceptique l’impression que le solaire c’est bien gentil, mais ça ne « marche pas terrible » puisqu’il faut encore réchauffer l’eau au fuel en plein mois de juillet (mais peut-être est-ce du à un été particulièrement pourri !) et qu’on n’économise -au mieux- que 35% de l’énergie nécessaire pour chauffer l’eau. Pourvu que les éoliennes projetées à Peyrelevade tiennent mieux leurs promesses !

Une telle installation est une bonne et belle chose, qui va dans le bon sens, puisque utilisant une énergie gratuite et renouvelable, et promettant d’éviter d’envoyer 38.6 tonnes de CO2 dans l’atmosphère (c’est déjà ça !) mais malgré tout encore -hélas- une demi-mesure qui pourrait même devenir une contre-publicité pour ceux que le solaire ne convainc pas : la couche d’ozone n’en sentira pas encore assez les effets bénéfiques et les tenants de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles prendront un air de pitié devant des résultats si peu spectaculaires ! Mais rien n’est perdu et une augmentation doit bien être possible (et même prévue en fonction des résultats). Il serait bien aussi de choisir une chaudière bois plaquettes quand on remplacera celles au fioul. Et espérons que la prochaine installation sur le Plateau trouve quelques m2 de plus de libres pour être parfaite ! Confiance !! On tient le bon bout !!

Patrick Bousquet de Rouvex, président de Drosera, association pour la promotion et la défense de l’environnement sur la Montagne Limousine, et membre d’Alder, Association Limousine pour le Développement des Energies Renouvelables.

 

 

 

 

 

 

PEYRELEVADE Solaire thermique
Le Centre d'accueil de l'ACEL de Peyrelevade (regroupant un Institut Médico-Educatif et une Maison d'Accueil Spécialisée), suite à une étude, va s'équiper d'une installation solaire pour l'eau chaude sanitaire du Centre (126 m² de capteurs solaires). L'objectif de cette installation est d'économiser environ 35% de la facture énergétique de l'eau chaude sanitaire (économie évaluée à 30 000F/an). En effet les 110 000kwh de fioul consommés par an seront remplacés désormais par 80 000kwh/an d'énergie solaire qui assureront le préchauffage de l'eau chaude sanitaire. Cette installation a pour particularité une garantie de résultat solaire à respecter. En cas de non atteinte de l'objectif en terme de production d'énergie, le groupement (maître d'œuvre, installateur, fabricant des capteurs et exploitant) dédommagera très fortement le maître d'ouvrage.      
Source: Réalisations pour l'environnement en 2000, Délégation ADEME Limousin